La tante Julia et le scribouillard, Mario Vargas Llosa

La Tante Julia et le Scribouillard, Mario Vargas Llosa, Folio, 2010 [publication : 1977]

« Je lui expliquai que l’amour n’existait pas, que c’était une invention d’un Italien appelé Pétrarque et des troubadours provençaux. »

Sous couvert d’autobiographie romancée, c’est en réalité un histoire bien plus complexe de la société péruvienne des années 50 que nous raconte Mario Vargas Llosa. Si, en effet, tous les chapitres impairs sont consacrés à la vie du jeune « Marito », ses études, ses petits jobs, ses rêves d’éciture et son idylle avec la tante Julia, les chapitres pairs, eux, nous plongent dans l’univers passionnant et drôlissime des feuilletons radiophoniques de l’auteur à succès bolivien, Pedro Camacho. Inceste, intrigue policière, judiciaire, histoire d’amour, psychodrame, religion… tous les thèmes et toutes les castes de la société péruvienne sont mis à nu, dépeints et raillés par celui que l’on appelle « le scribouillard »

Plus qu’une histoire d’amour, plus qu’une autobiographie, La Tante Julia et le scribouillard nous offre une réelle réflexion sur la création littéraire, sur l’écrivain lui-même, son imaginaire, ses influences, sa philosophie, à travers le double portrait de l’artiste, d’une part l’artiste accompli qu’est Pedro Camacho, et d’autre part l’auteur en devenir qu’est le jeune Mario lui-même. Les chapitres pairs et impairs sont comme deux romans indépendants par leur style, leur structure et leur fond. Toutefois, si elles paraissent autonomes, les deux parties n’en sont pas moins complémentaires, indissociables pour la bonne compréhension du lecteur. Mario Vargas Llosa, à force de suspense et d’incohérence parvient à maintenir le lecteur en tension tout au long des XX chapitres.

C’est la première fois que j’étais amenée à lire de la littérature sud-américaine, et je dois dire que je n’ai pas été déçue ! Mario Vargas Llosa est un maître en matière de réalisme merveilleux. Sa grande culture artistique, son incroyable sens de l’humour et de la dérision et la structure innovante de son roman font pour moi de Mario Vargas Llosa un génie incontesté de la littérature.

Et vous, vous avez déjà tenté la littérature sud-américaine ? Vous avez aimé ? Dites-moi tout en commentaire !

/!\ Petit conseil : si comme moi vous avez l’édition Folio, ne lisez pas la quatrième de couverture, elle est légèrement « spoilante »…

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