La Splendeur dans l’herbe, Patrick Lapeyre

La Splendeur dans l’herbe, Patrick Lapeyre, POL (2016)

« … »

Le titre est magnifique et plein de promesses, on s’attend à une écriture contemplative ou les non-dits ont au moins autant d’importance que les paroles, que les actions. Et en effet, le moins que l’on puisse dire c’est que le roman ne met pas l’accent sur l’action, ni sur le rythme : il ne se passe strictement rien, littéralement un « livre sur rien ». En soi, cela ne me dérange pas, j’adore les romans de Pascal Quignard qui sont aussi de ce parti pris : le rythme est loin d’être intense, il ne se passe pas grand chose, toute la force de l’écriture se trouve entre les lignes même du roman, c’est en un sens au lecteur de trouver, derrière les mots, le sens que l’auteur a voulu donner à son oeuvre. Mais là, non, rien à faire, ça n’a pas opéré. Tout ce que j’ai ressenti à mes lectures c’est un ennui profond, et pourtant, je le répète, je ne suis pas insensible à ce genre d’écriture, mais également un très fort agacement. Les prénoms des personnages, déjà, m’ont déçu : des prénoms assez peu courants (Homer et Sybil) mais surtout chargé de sens, des prénoms pas anodins, au lourd passé, dont il m’a été difficile de faire abstraction, surtout que je n’en ai pas compris le choix… Oh, et puis, la femme fatale et adultère prénommée Emmanuelle, non merci ! En outre, ce qui m’a, je crois, le plus gênée, je dirais même pa-ra-si-tée, dans ma lecture ce sont ces points de suspension, une fois par page MINIMUM, sur un roman de près de 400 pages, je vous laisse imaginer. J’aime beaucoup, habituellement, quand un texte ne dit pas tout, quand un auteur m’invite à comprendre plus, plus loin de ce qu’il a écrit, mais ces trop nombreux points de suspension m’ont véritablement agacée : j’avais sans cesse l’impression d’une sorte de gyrophare ou de panneau d’avertissement qui me criait « Attention, là il faut réfléchir, allez plus loin, ce SILENCE à un SENS ». Oui, merci, je lis des livres et je sais à quel point, parfois, ce qui n’est pas dit, ce qui est sous-entendu est aussi – si ce n’est plus – important que la phrase que l’on vient de lire. C’est l’un des codes de la (bonne ?) littérature : ne pas sans cesse mâcher le travail du lecteur, lui donner à réfléchir sans avoir à tout lui révéler, sans avoir à tout lui montrer.

Vous me direz que je suis de mauvaise foi. Et vous aurez sans doute raison ! Peut-être que ces choses qui m’ont tellement énervée à la lecture ne sont en réalité que des détails, que si j’avais essayé de passer outre, j’aurais peut-être pu apprécié le texte à sa juste valeur. Sûrement, même. Toujours est-il, je n’ai pas éprouvé grand chose lors de cette lecture, si ce n’est de la frustration et de la déception, une lecture à oublier bien vite !

Est-ce que vous avez-lu ce roman ? N’hésitez pas à me donner votre avis en commentaires, surtout si vous l’avez appréciez ! C’est toujours intéressant de voir que ce qui fait l’enthousiasme chez certains, font l’ennui chez d’autres, et inversement.

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