Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit, Jean d’Ormesson

Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit, Jean d’Ormesson

« Mais je voudrais, avant de mourir, parler un peu d’autre chose que de ces histoires inutiles dont les romans sont pleins.»

Ce roman avait tout pour être un coup de coeur. Absolument tout. La plume de Jean d’Ormesson, d’abord, classique et chantante. Une écriture douce et mélodieuse qui nous emporte tout de suite, dont le charme est immédiat. Ce roman est plein d’expressions qui font tantôt sourire, tantôt réfléchir. Des petits bouts de texte qui restent en tête : « Elle était magnifique. Elle venait de briser ma vie.». Comment ne pas apprécier de lire ces lignes qui, parfois, au détour d’une page, nous glissent quelques phrases, quelques mots qui nous rappellent alors subtilement des mots que l’on a lus et appréciés ailleurs. Ainsi tout amateur de littérature classique saura se délecter de ces nombreuses références à un passé commun de lecteur. Le postulat de départ, ensuite, lui aussi, ne présageait que du bon : un homme plus près de la fin que du début de sa vie décide de nous livrer, avant de partir, un récit entre réflexions et souvenirs personnels, fruits d’une vie bien remplie, remplie d’amour, de bienveillance et de lectures. 

Et pourtant. Si je me suis laissée transporter, si j’ai été conquise par l’écriture de sa vie, par la peinture de ce personnage si touchant et de son grand amour pour la femme qu’il a épousée, j’ai trouvé trop lourdes et – au fond peut-être – trop sérieuses toutes ces réflexions et discussions métaphysiques, sur l’histoire, la religion et que sais-je encore. Je crois finalement que le titre, comme la quatrième de couverture, m’ont fait attendre de ce roman quelque chose de léger, un regard amusé, parfois critique mais toujours ému d’un vieil homme qui regarde derrière lui le chemin parcouru. Je crois que je ne voulais que ça, que si ce livre n’avait été que ça il aurait été pour moi un grand livre. Je m’attendais à moins, et j’ai eu trop. 

Cela ne tient pas à grand chose, finalement, un coup de coeur.

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