La Voie des Oracles (T1), Estelle Faye

La Voie des Oracles, T1 : Thya, Estelle Faye, Scrinéo (2014)

Il est des livres dont l’on attend parfois beaucoup : une couverture des plus attrayantes, des avis quasiment unanimes, un résumé accrocheur. Lorsque ces attentes sont comblées, c’est le coup de coeur, l’osmose parfaite avec le livre, celui qui nous restera en mémoire, que l’on conseillera à tout-va. Dans le cas contraire, la chute est rude, très rude. Et elle laisse un goût amer, un sentiment de déception, de défaite. Et c’est malheureusement l’effet que m’a fait ce premier volet de La Voie des Oracles

Le roman a évidemment des qualités indéniables, le sujet notamment est totalement maîtrisé, l’atmosphère antique est bien retranscrite et tout à fait immergeante, mais voilà, certains aspects du récit m’ont deplu, voire gênée.

Le premier tome de La Voie des Oracles se concentre principalement sur le personnage de Thya, une jeune romaine – orpheline de sa mère – qui vit exilée en Gaule où son frère aîné complote contre leur propre père, un général romain, désormais entre la vie et la mort. Notre jeune héroïne, innocente et presque sauvageonne utilise alors son don et part sur les routes pour tenter de tirer cette histoire au clair et sauver son père d’une mort certaine.

Il se trouve que cette année, j’ai lu un autre roman qui se déroulait pratiquement à la même période que les faits évoqués ici et dont le postulat de départ était exactement le même (chroniqué sur Livresse des Mots) : une jeune femme, orpheline de mère, possédant des pouvoirs et dont le père se trouve mourant au début de l’intrigue. De manière générale, je trouve que ce topos de l’orphelin.e est beaucoup trop récurrent dans la fantasy et notamment la fantasy jeunesse (regardez rien que dans Harry PotterNarnia etc…). Une première facilité qui a quelque peu entravé le début de ma lecture. 

Cela ne s’est malheureusement pas arrangé par la suite puisque j’ai trouvé les personnages, et notamment les trois principaux, complètement clichés et sans profondeur. Aucun de leur choix ne m’a suprise, la romance présente dans le récit est des plus prévisibles et surtout des plus mièvres, ce qui dénote d’ailleurs avec le reste du récit qui est beaucoup plus grave et fait donc perdre au roman en crédibilité.

Du côté du fantastique, j’ai été là aussi déçue. Les personnages imaginaires n’entrent que très peu en interaction avec les personnages principaux et, pis, beaucoup d’entre eux n’ont en réalité aucune utilité et ne font, à mon sens, pas du tout avancer l’intrigue. Ils sont d’ailleurs parfois à l’origine d’incohérence dans le scénario ! La jeune Thya est la plupart du temps accompagnée lors de ses péripaties par deux compagnons masculins qui semblent s’être donné pour mission de la protéger coûte que coûte, ne la laissant ainsi jamais seule et gardant toujours un oeil sur elle. Pourtant, lors de leur arrivée dans une ville inconnue des trois protagonistes, les deux hommes vont alors chez un commerçant en laissant leur petite protégée seule dans une petite ruelle sombre, permettant ainsi l’apparition d’une créature fantastique qui n’aura pas d’autre incidence ou résonance dans toute la suite du roman, comme si elle n’avait été mis là que pour nous rappeler que nous nous trouvions dans un univers fantastique. Cette scène va également être l’occasion pour moi d’aborder mon dernier point : le personnage de Thya.

Ce passage en effet, à l’instar de tout le roman, est révélateur d’une chose : Thya n’est absolument pas un personnage féminin indépendant et charismatique et renvoie, peut-être malgré elle, une image pas bien glorieuse de l’héroïne féminine, puisque dans la quasi totalité du roman celle-ci n’est pas du tout capable de s’extirper seule du danger mais se trouve toujours être aidée, voire sauvée, par ces messieurs ou par quelque créature surnaturelle bienveillante. Et, pire encore selon moi, le personnage de Thya ne se réalise réellement qu’en passant du statut d’enfant aux allures de garçonnets à celui de femme séduisante (comprendre ici : coiffée, apprêtée, maquillée)…

Finalement un livre qui ne m’a pas emballée du tout, me semblant peu original et truffé de facilités. À moins qu’elle me tombe entre les mains, je ne pense pas poursuivre la saga d’Estelle Faye bien que tout indiquait en premier lieu que cette série était faite pour me plaire. 

Si vous avez lu ce premier volet et (surtout !) si votre avis diffère du mien (ou non), n’hésitez pas à me donner votre avis en commentaires !

 

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