Sauvage, Hersent & Bévière & Morvan

Sauvage, G. Hersent & A. Bévière & J.D. Morvan, Delcourt (2015)

En 1731, le petit village de Songy découvre dans sa forêt une bête. Ce monstre s’avère en réalité n’être qu’un enfant sauvage, une enfant sauvage. Après avoir vécu reclue dans la forêt pendant près d’une dizaine d’années, l’humanité de quelques villageois va lui permettre de réintégrer la société. Au fil des pages, le lecteur découvre le retour à la civilisation de celle que l’on nommera alors Marie-Angélique Le Blanc. Plus on progresse dans la vie de la jeune femme, plus on en apprend sur son passé : une enfance trouble, enfouie et presque oubliée.

Le scénario paraît improbable, pourtant : l’histoire est vraie. L’histoire de Marie-Angélique Le Blanc est en réalité l’un des rares cas avéré d’enfant sauvage, son destin est encore plus extraordinaire qu’il s’agit d’une petite fille. Comme on le découvre dans le dossier à la fin de la bande-dessinée, l’équipe a abattu un travail de recherche et de documentation absolument phénoménal afin de nous rendre au mieux ce qu’a pu être la vie de cette femme à la destinée incroyable.

On se laisse alors très vite happé par cette longue BD de plus de 200 pages tant le récit et les dessins sont spéciaux, intrigants et nous invitent à nous plonger entièrement dans la vie de cette enfant sauvage. Pour sa première réalisation grand public, Gaëlle Hersent fait forte impression : le dessin – à l’air presque mal assuré – sert avec brio l’étrangeté et le flou qui entourent ce destin si particulier. Le trait, rapide, illustre à lui seul cette course contre le temps, à la recherche d’un passé perdu, la quête d’un lendemain apaisé.

Sauvage est un bel hommage rendu à cette enfant-monstre devenue femme lettrée. Marie-Angélique Le Blanc est assurément un personnage historique qu’on aimerait voir plus souvent.

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