Anne des Pignons Verts, Lucy Maud Montgomery

Anne des Pignons Verts, Lucy Maud Montgomery, Il était un ebook (2015)

[première publication : 1908 ; traduit de l’anglais par Laure Valentin]

 « C’est l’avantage d’avoir treize ans. On sait tellement plus de choses qu’à douze ans. »

Vous vous y connaissez, vous, en littérature canadienne ? Personnellement, pas du tout (et, je suis d’accord, c’est bien dommage). Alors quand Laure Valentin m’a proposé de lire sa traduction d’un classique canadien du XXe siècle, je n’ai pas hésité une seule seconde… et je ne l’ai absolument pas regretté par la suite ! Je vous proposedon d’embarquer tout de suite avec moi pour l’île de Prince Edouard…

L’histoire de la petite Anne, une jeune orpheline de onze ans, commence sur un malentendu : dans la très calme commune d’Avonlea, Marilla et Matthew Cuthbert, deux vieux frangins solitaires, décident d’adopter un jeune garçon afin que celui-ci aide Matthew dans son travail à la ferme. Mais lorsque ce dernier se rend à la gare chercher son fils adoptif, il n’y trouve pas un petit garçon mais bien une petite fille… Très vite, la jeune orpheline va se montrer si attachante que les Cuthbert ne pourront se résoudre à la renvoyer à l’orphelinat. Dès lors, le lecteur va être amené à suivre la vie de la jolie rousse, qui très tôt se révèle être une enfant bavarde et tête en l’air mais, surtout, débordante d’imagination. Tantôt exaspérante, tantôt émouvante et toujours exubérante, Anne Shirley est un personnage haut en couleurs que l’on prend plaisir à observer, telle une fleur, grandir, mûrir et s’épanouir. À ses côtés, chacun revit alors les questionnements de l’enfance, puis de l’adolescence : les rêves et les doutes, les agréments et les peines, les joies et les déboires.

Lucy Maud Montgomery nous fait suivre avec délices les aventures (et mésaventures !) de sa petite protégée en nous partageant à la fois les pensées d’Anne mais aussi celle sa mère Marilla, de la comère du village Mme Rachel Lynde ou encore de sa meilleure amie Diana. Ce que l’on peut fortement appréciet chez Anne, outre sa capacité à défendre farouchement son avis de petite fille dans un monde encore majoritairement sexiste, c’est sa façon de mettre en lumière le véritable caractère propre à chaque personnage. Avant l’arrivée de la petite orpheline dans le village d’Avonlea, tous les personnages paraîssent des plus clichés et des plus creux : c’est d’ailleurs ce qui peut effrayer le lecteur au premier abord, chacun des êtres de papiers que l’on croise a l’air complètement figé dans un stéréotype vu et revu. Mais l’arrivée d’Anne va tout faire basculer, puisqu’avec elle nous allons découvrir les facettes les plus intimes et les plus enfouies de chaque personnage amené à la côtoyer. On retrouve ainsi chez Lucy Maud Montgomery un style simple, et un humour taquin propre au roman jeunsse mais qui ne se prive pas pour autant d’interroger de façon très sérieuse les us et coutumes des habitants d’Avonlea.

Anne des Pignons Verts est donc un classique jeunesse canadien que je recommande sans hésiter ! Si, comme moi, vous avez aimé plus jeune les Malheurs de notre chère Sophie, vous ne manquerez certainement pas d’aimer découvrir le caractère d’Anne, cette petite orpheline rousse, également romantique et philospophe à ses heures perdues !

Pour ma part, j’ai découvert à l’occasion de cet article que Lucy Maud Montgomery avait écrit plusieurs suites à la vie d’Anne mais également sur la petite bourgade d’Avonlea… idéal pour prolonger l’univers si cosy qu’elle nous a fait tant aimer avec les Pignons Verts.

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