L’Autre qu’on adorait, Catherine Cusset

L’Autre qu’on adorait, Catherine Cusset, Gallimard (2016)

Me suis-je lassée de l’auto-fiction ? En ai-je fait une overdose ? Je ne sais pas. Mais ce que je sais, c’est que ce roman de Catherine Cusset m’a exaspérée au plus au point, me faisant soupirer à presque toutes les pages.

L’autre qu’on adorait est une périphrase qui désigne Thomas, l’ami – le meilleur ami – de Catherine, la narratrice. Thomas s’est suicidé, et à travers ce roman, Catherine tente de le faire revivre, de retracer son histoire. L’intention n’était sans doute pas mauvaise, et pourtant…

Cet autre que l’on était censé adorer ne m’a pas du tout séduite. Cet homme est égoïste, manipulateur, changeant. Bien sûr, celui-ci souffre d’un trouble de la personnalité, et c’est sans doute cela que Catherine Cusset voulait faire ressortir dans son roman. Mais je n’ai pas réussi à avoir une seule once de compassion pour cet homme instable, pauvre (mais capable de faire deux allers-retours Paris-New York par mois !) et mesquin.

De plus, ce livre, plus qu’un hommage à un ami parti trop tôt m’est apparu comme une avalanche d’auto-flatteries. Comme si à travers son récit l’auteure/narratrice se félicitait elle-même d’avoir été une amie exemplaire et une écrivaine hors-pair. Et ce alors même que Thomas lui-même lui déclare que son texte « n’est pas seulement blessant, mais mauvais. », ce à quoi la narratrice répond : « Mon livre n’atteint aucune cime ; il ne t’atteint même pas en profondeur. Il reste au ras des pâquerettes. J’ai transformé ta vie en un fil chronologique dont j’ai ôté toute substance pour la juger à l’aune du succès en suivant des critères purement sociaux. ». Et c’est au fond, je crois, tout ce que je lui reproche : ce roman n’en est pas un, il est au mieux une étude sociologique ou médicale. Mais il n’a pour moi pas grand chose de l’objectif littéraire qu’il s’était fixé.

Je crois que je vais m’éloigner, pour un temps du moins, de l’auto-fiction écrite par des parisien.ne.s sortis des grandes-écoles pour des parisien.ne.s agrégé.e.s et docteur.e.s…

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