Ça tourne #6 | Jackie, Pablo Larrain

Jackie, Pablo Larrain (2016)

Novembre 1963. Quelques jours seulement après l’assassinat du président JFK, Theodore H. White, un journaliste, se rend dans le Massachusetts pour interviewer Jacqueline Kennedy. Alternant entre les bribes d’entretien dans la demeure de Hyannis Port et les images de jours suivants le drame, le film Jackie nous dresse le portrait d’une femme déjà bien éprouvée par la vie et dont le monde s’effondre en moins de quelques heures.

Ainsi, Pablo Larrain nous propose de découvrir la réaction intime de celle sur qui pourtant le monde avait les yeux rivés en cette fin d’année 1963. On ne parlera pas ici du salut de John Junior qui a l’époque avait ému l’Amérique, on ne parlera pas non plus de l’après Maison Blanche et du remariage de l’ancienne Première Dame. En revanche, on s’attardera pendant plus d’une heure et demie sur la question du deuil, de ce deuil inattendu qui s’ajoute à d’autres pertes, si récentes et pas encore oubliées. Des blessures d’ordinaires si privées, si personnelles mais qui en raison du statut social et politique de Jacqueline Kennedy seront surexposées par les médias nationaux et internationaux.

Si entourée et si seule, si misérable et si forte, si courageuse et si faible, Jackie nous plonge dans la dualité et la complexité de la réaction d’une femme face à la disparition de l’être cher. Merveilleusement interprétée par Natalie Portman, l’actrice nous livre une performance incroyable oscillant entre la profonde émotion et le cynisme truculent. Et si certains ont pu détester le personnage de Jackie, la jugeant trop superficielle et hypocrite, j’y ai pour ma part trouvé un personnage attendrissant, malmené par la vie et pourtant animé par un amour débordant.

La dernière réalisation de Pablo Larrain n’est pas seulement remarquable par son angle original et l’excellent choix de la comédienne, mais également pour son énorme travail sur les costumes et les décors qui nous immerge totalement dans cette ambiance de Guerre Froide de la fin des années 60 et nous rappelle à tous, ou bien des souvenirs, ou bien des images que l’on a vues – au détour d’un journal télévisé ou d’un documentaire – et que l’on n’est pas prêt d’oublier.

Le costume de Natalie Portman dans le film est une stricte reproduction de l’ensemble rose que portait Jackie Kennedy le jour du drame et qui reste aujourd’hui encore gravé dans les mémoires

Ainsi Jackie n’est-il sans doute pas le film de l’année et manque peut-être d’accessibilité pour les non-initiés, mais il est assurément une oeuvre à voir pour qui est familier du contexte historique et désireux d’en apprendre un peu plus sur la passionnante Jacqueline Kennedy-Onassis.

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