J’ai testé pour vous #2 | les 48h BD

Les 48h BD : est-ce que ça vaut vraiment le coup ?

Il y a quelques jours, au début du mois d’avril, était lancée l’édition 2017 des 48h BD. Mais, kézako ? Alors, les 48h BD – comme leur nom l’indique – sont une opération de deux jours qui a pour but de promouvoir la bande-dessinée. Pendant ces quarante-huit heures, en général vendredi et samedi, vont être organisés dans différents magasins ou librairies partenaires moult événements, animations et dédicaces autour de la bande-dessinée. Puis, aussi, et surtout !, c’est l’occasion de se procurer un certain nombre de BD (230 000 rien que pour cette année !) au prix merveilleux et excessivement tentant de 1€ ! Et ça, c’est chouette, très chouette.

Forcément, comme je suis une blogueuse consciencieuse, je me suis dévouée pour vous et j’ai acheté cinq BD (si tu as bien suivi, ça fait cinq euros, eh ouais, pas mal) afin de vous dire si oui ou non, les 48h BD en valent la peine. Venez avec moi, on est parti-e-s !

Un choix varié pour que tout le monde s’y retrouve

Ce que j’ai tout de suite apprécié dans cette opération, c’est la diversité des oeuvres proposées. Il y avait un peu de tout (même dans le magasin où je suis allée et où, franchement, il n’y avait pas grand choix) de la BD jeunesse, au récit de guerre en passant par les mangas, et avec des styles de dessin très différents les uns des autres. Allez, déjà, un bon point ! Pour ma part, je me suis laissée tenter par ces cinq titres :

Bon, maintenant, si on décortiquait tout ça ? Voir ce qui m’a profondément ennuyée et ce qui m’a carrément transportée ?

Mes cops, La compil’ 100% délires

Sans doute la bande-dessinée de cette sélection que j’ai le moins aimé, à qui j’ai le plus à reprocher. Je m’attendais à un truc léger, pour ados, que je pourrai faire lire à mes collégiennes du club de lecture. Que nenni, malheureuse ! Si effectivement, les adolescents semblent bien être le public visé (tant par les thématiques abordées que par les traits du dessin), la BD fourmille de « gags » misogynes et peu respectueux des différences, quelles qu’elles soient. J’ai donc été – à juste titre – très déçue mais aussi très énervée par ces planches. Comment est-il possible en 2017 de défendre encore ce genre de valeurs, de tenir ce genre de propos dans de la littérature pour la jeunesse ? Un vrai ramassis de clichés sur « les filles » ! Je suis écœurée. Et soyez sûr-e-s que mes ados du club lecture n’auront pas cette bande dessinée entre les mains. Grr.

Ces deux cases, par exemple, m’ont particulièrement choquée

Christophe Cazenove & Philippe Fenech, Mes Cop’s, La compil 100% délires, Bamboo, 2017.

Klaw #1 : L’éveil

Après cette grosse déception, j’ai enchaîné avec la lecture de Klaw dont la couverture et le trait m’avaient beaucoup séduite. Et là, patatra, deuxième déception. Si le dessin est à la hauteur des attentes, ce n’est vraiment pas le cas du scénario : tout va trop vite, l’histoire est très enfantine, trop naïve, et la romance, brrr, tirée par les cheveux et absolument pas plausible. Bref, un récit pas du tout au niveau du style qui avait vraiment tout pour plaire. Et c’est dommage ! Je lirai la suite si jamais elle vient à me tomber entre les mains, mais je n’irai pas la chercher moi-même…

Antoine Ozanam & Joël Jurion, Klaw #1 : L’éveil, Le Lombard, 2013.

Dad #1 : Filles à papa

Après ces deux désillusions, j’ai décidé de repartir dans du léger avec le premier tome de Dad. Le style gros nez et coloré m’a tout de suite fait bon effet, et ça se confirme à l’intérieur de la BD : les couleurs oscillent entre le chaud et le pastel pour un effet très cocooning, très apaisant. Contrairement à Mes Cop’s, j’ai trouvé que la bande dessinée évitait un certain nombre d’écueils et de clichés. Si les gags ne sont pas tous hilarants, cet opus a le mérite de faire sourire. Les personnages sont attachants, et il se dégage de la BD une douceur qui a réchauffé mon petit cœur de lectrice déçue ! Je lirai les prochains tomes avec plaisir !

Nob, Dad #1 : Filles à papa, Dupuis, 2015.

La Quête d’Ewilan #1 : D’un monde l’autre

Ensuite, je suis passée au niveau au dessus. Par là j’entends, des BDs d’un plus grand format et avec plus de pages. J’ai donc commencé par la découverte de la versionne dessinée du roman éponyme de Pierre Bottero. Eh, que dire… AH LA LA MAIS C’EST TROP BIEN ! Les illustrations sont super chouettes, vraiment sublimes, on a nous aussi l’impression de passer « d’un monde à l’autre ». Le personnage de Camille et celui de Salim sont attachants, on a envie de les suivre dans cette aventure fantastique. ET DE CONNAÎTRE LA SUITE, BON SANG. Je sens que je vais vite craquer…

Lylian & Laurence Baldetti, La Quête d’Ewilan #1 : D’un monde à l’autre, Glénat, 2013.

14-18 #1 : Le Petit Soldat

Il y a un truc parmi tant d’autres que j’affectionne particulièrement dans la culture, ce sont les œuvres à caractère historique. J’adore que les artistes choisissent de faire évoluer leurs personnages dans un milieu connu, dans un passé qui peut nous être aussi proche que lointain. J’aime y retrouver des détails précis, des dates vues en cours et des hauts personnages qui font aujourd’hui partie de notre culture commune. Si généralement je nourris plus d’intérêt pour les œuvres se déroulant pendant la Seconde Guerre mondiale ou encore l’Antiquité, la Première Guerre mondiale n’est pas en reste. Alors quand j’ai vu Le Petit Soldat à 1€, j’avoue, je n’ai pas hésité bien longtemps. Et si au début, je m’y suis un peu perdue au milieu de ce fourmillement de personnages, je suis assez vite entrée dans l’histoire de ce groupe de copains qui va faire face à la mort et à l’Histoire. Le dessin, très réaliste, colle très bien à ce que souhaite faire passer la BD et le ton est donné dès le début. Un série dont je ne manquerai pas de lire la suite.

Corbeyran & Etienne Le Roux, 14-18 #1 : Le Petit Soldat (août 1914), Delcourt, 2014.

Finalement, on peut dire que les 48h BD, ça vaut le coup. Cinq BDs pour cinq euros, déjà, ce n’est pas banal quand on sait que le prix moyen d’une bande dessinée oscille plutôt entre 10 et 12€ pour les formats traditionnels… Certes, dans le lots il y a eu deux (très) grosses déceptions. Mais il y a surtout eu trois très bonne découvertes qui m’ont réconciliée avec le BD, un genre que je n’avais plus lu depuis l’excellent Sauvage. Et vous, vous avez tenté cette année ? Pour quel(s) titre(s) avez-vous craqué-e ?

Vos petits mots

  • J’adore que je suis passée complètement à côté cette année ! Et je suis bien déçue, d’ailleurs…
    Sinon, tout à fait d’accord, je ne sais pourras si tu as choisi les deux pires cases de la BD, mais il est certain que je ne la lirai JAMAIS

    • Clairement c’était les deux pires cases, oui, mais on retrouvait un peu trop cette segmentation et ces généralités filles/garçons pour moi :/ C’est dommage car il y avait de quoi faire un truc vraiment sympa pour les ados !

      En tout cas, je me laisserai encore tentée par les 48hBD l’an prochain, c’est certain 🙂

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