Love #3 : Le Lion, Brrémaud & Bertolucci

Love, une BD ode à la bestialité

Un article hyper enthousiaste d’une copine sur Nébulbeuse, l’atmosphère chaleureuse d’un festival de bande dessinée, le titre tant convoité sur un étal de la librairie et me voilà sur le chemin du retour avec sous le bras cet OVNI artistique, ce livre incroyable, ce petit bijou qu’est le troisième volet de la série Love. Alors, oui, j’ai tout fait à l’envers. J’ai acheté le troisième tome avant les deux autres. Mais, à ma décharge, il n’y avait pas le volume consacré au renard, et le dernier bouquin à l’effigie du tigre était abîmé. Bon, voilà pour les excuses, car en réalité, nul besoin d’avoir jeter un œil ou deux aux premiers opus tant la spécificité de cette série rend chacune de ses parties indépendantes.

Histoire sans paroles

Une des choses qui frappe en premier dans Love, c’est l’absence de bulles. Pas banal pour une BD, me direz-vous. Et puis, qu’est-ce que ça peut bien raconter un album où l’on ne dit rien ? Eh bien, tellement de choses, justement. L’absence de paroles, de dialogue, renforce l’animalité du récit. Ici, on ne fait pas d’anthropomorphisme à la Roi Lion, on nous présente la faune et la nature telles qu’elles sont : sans mots. Dans Love, on crie, on gémit, on souffre, on vit, on meurt, on aime… mais on ne parle pas. Dès lors, tout sens doit passer par l’image, par une sorte de communication non verbale.  Les émotions alors se lisent sur les gueules – oserais-je dire les visages ? -. L’histoire se lit dans les mouvements, les enchaînements, les couleurs. Nul besoin de dire ici ce qui se comprend par le regard seulement. Loin de retirer en compréhension, l’absence de bulles et de textes rendent l’ensemble plus fort, le récit plus immersif, la lecture plus passionnante.

Le Roi de la savane sublimé par les traits

Toutefois, on ne va pas se le cacher, ce qui fait le charme et la puissance de cette incroyable bande dessinée, c’est avant tout le travail graphique monstrueux fourni par Bertolucci. On est tout de suite interpellé par ces deux yeux jaunes tournés vers nous et cette gueule ouverte tous crocs dehors.  La suite ne cessera de nous émerveiller, nous émouvoir, nous surprendre, nous horrifier. Si les images parfois sont dures, elles savent aussi – à certains moments – être douces. Presque réconfortantes. Les traits de l’illustrateur nous plongent avec délice dans cette Nature si belle, si dangereuse, si vraie. Un voyage passionnant dans le cœur de nos amis les bêtes. Un coup de foudre absolu pour une œuvre atypique. Un amour inconditionnel pour cette pépite du neuvième art.


 Si malgré tout ça je n’ai pas réussi à vous faire craquer pour Love (et d’ailleurs, même si j’ai réussi !), je vous invite à aller lire l’excellent papier de Bouts consacré à la série complète (4 tomes) sur Nébulbeuse en cliquant par ici. Bonne lecture !

Frédéric Brrémaud & Federico Bertolucci, Love #3 : Lion, Ankama Editions, 2014.

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