Dunkerque : une plongée au cœur de la guerre

Dunkerque, Christopher Nolan (2017)

Ce week-end je suis allée faire un tour du côté des salles obscures et j’en ai profité pour aller voir un film dont on entend parler partout en ce moment, j’ai nommé Dunkerque de Christopher Nolan. Souvent adulé mais pas moins décrié, le réalisateur britanno-américain laisse en tout cas rarement indifférent. Pour ma part, je n’avais pas boudé mon plaisir pour Interstellar et j’avais grandement apprécié Inception à l’époque. C’est donc presque confiante que j’ai pris place face à l’écran géant dimanche après-midi. Je dis presque car une partie des critiques que j’avais vu passer sur le net n’étaient pas tendres et faisaient pour beaucoup état d’une sorte de déception à l’égard du film. Qu’à cela ne tienne, j’ai voulu voir par moi-même.

Asphyxie

Dunkerque s’ouvre sur l’errance d’un groupe de soldats anglais dans ses rues. Très vite, les hommes se font canarder par un ennemi invisible – et qui le restera tout du long – qui les pousse à se retrancher sur la plage où tous n’ont plus qu’une idée en tête : survivre pour revoir cette patrie qu’ils aperçoivent, là-bas, de l’autre côté de la Manche. Si proche et pourtant si loin. La survie va alors rythmer le reste du long métrage. Chacun des personnages présentés – ou dirais-je esquissés – est réduit à l’illustration de cet instinct, de cette course effrénée pour échapper à la mort. Les images – époustouflantes – et le montage – calibré – ne nous laisse aucune minute de répit, le.a spectateur.rice, à l’image des personnages, est immergé dans cette lutte incessante pour la vie, dans ce tourbillon d’horreur où chaque minute, chaque seconde compte. L’air de la salle devient vite irrespirable, nos poumons presque se remplissent d’eau, la tension est maximale : vous êtes à Dunkerque, vous souffrez à Dunkerque.

Mutisme

Si les personnages du dernier long métrage de Christopher Nolan ne sont guère bavards, n’allez pas croire pour autant que vos oreilles auront le temps de se reposer. Tranchant avec le mutisme des hommes et le silence de la mer, la bande originale du célèbre Hans Zimmer est omniprésente tout au long du film. Tout comme les soldats, vous en aurez assez des bruits d’avions, de mitraillettes, de torpilles et d’explosion en tout genre. La musique, souvent calée sur un tic tac des plus oppressants, participe elle aussi de cette ambiance immersive de laquelle on ne peut s’échapper avant les premières lignes du générique de fin.

Héros

Dunkerque met en scène plusieurs personnages dans cet enfer de sable et d’eau salée qu’est la retraite des Britanniques du front français. S’il est vrai que les personnages sont peu attachants et sans grande profondeur, cela ne m’a posé aucun problème. Tous ces hommes, d’où qu’il viennent et quoi qu’ils aient vécu sont mus par le même désir : rester vivant. J’ai vu alors dans cette multitude de personnages plutôt creux et effacés une sorte de héros collectif, de souffle commun à cette armée dans la débandade qui ne cherche plus ni la victoire ni la gloire mais simplement la survie. Ces hommes pour beaucoup sans noms et pour tous sans histoire ne font alors plus qu’un dans cette tentative désespérée de retrouver leur patrie coûte que coûte. Soldats, gradés, marins, pilotes ou civils se trouvent finalement tous égaux face à la peur et à la mort.

Temps

Ce qui semble être central à l’oeuvre, c’est le rapport au temps. On nous donne dès le début du film trois indications de temps : un mois, une semaine, un jour. Ensuite, les trois temporalités se mélangent, les lignes se meuvent et se croisent au gré d’un montage précis, bien ficelé et sans ambiguïté qui nous fait prendre la mesure de chaque instant. Car, si la patrie est à la fois si loin et à la fois si proche, la mort – elle aussi – ne cesse de s’approcher et de s’éloigner des hommes de Dunkerque faisant de chaque seconde un moment crucial, parfois fatal.


Si vous avez aussi vu le film, n’hésitez pas à nous donner votre avis dans les commentaires ! J’ai vu passer pas mal de réactions moins enthousiastes sur la blogo et je serais ravie d’en discuter avec vous et d’échanger nos points de vue. Alors n’hésitez pas à laisser un petit mot 😉

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