La petite danseuse de quatorze ans, Camille Laurens #RLN2017

La petite danseuse de quatorze ans, un essai sur l’art signé Camille Laurens

Je vous retrouve aujourd’hui pour évoquer avec vous ma première lecture pour la #RLN2017 initié par les géniale Pikobooks il y a quelques temps déjà. Pour ce premier rendez-vous de la rentrée, j’ai choisi de redécouvrir une autrice que j’avais déjà lue il y a quelques temps avec l’excellent Celle que vous croyez.

Retrouvailles avec Camille Laurens

J’avais adoré son dernier roman paru chez Gallimard. En plein dans ma période auto-fiction, l’écriture incisive, l’histoire personnelle et le rythme effréné du récit avait largement su me convaincre : j’avais dévoré Celle que vous croyez. Alors forcément, quand j’ai vu le nom de Camille Laurens parmi les centaines de patronymes mis en avant lors de cette rentrée littéraire, je me suis laissée tenter !

Le titre était accrocheur – plus encore sans doute pour quiconque a des connaissances en histoire de l’Art -, tout comme la couverture et la quatrième. Les étoiles semblaient alignées, tout promettait que ce livre serait un coup de cœur…

L’art de la non-fiction

Mais ce livre ne contenait pas ce à quoi je m’attendais. Je pensais, à la lecture de la quatrième de couverture, que Camille Laurens nous dresserait une sorte de biographie romancée de la jeune danseuse, qu’elle nous immergerait dans sa tête et dans son quotidien, qu’elle nous donnerait sa version des faits, sa parole contre celle de l’Histoire. C’est un choix bien différent qu’a fait l’autrice. Il ne s’agit pas ici d’un roman, ni même de fiction mais bel et bien de non-fiction, d’un véritable essai sur l’oeuvre si controversée d’Edgar Degas et sur l’identité de son modèle. Camille Laurens n’interroge ainsi que très peu le ressenti de la jeune Marie ou celui de l’artiste mais, au contraire, elle se base sur les faits, sur le tangible. Elle cite abondamment ses sources, si bien que l’ouvrage est parsemé de notes de bas de pages et de citations d’intellectuels, contemporains ou non du peintre-sculpteur et du petit rat d’opéra. Un vrai travail universitaire, en somme, auquel le-a lecteur-trice un peu distrait-e (coucou c’est moi !) s’était peu préparé-e.

La petite danseuse de quatorze ans, exemplaire du Musée d’Orsay (Wikipedia)

Un goût de trop peu

Si la découverte de l’histoire et du scandale de cette petite poupée de cire s’est avérée très riche et intéressante, le livre manque de ce petit quelque chose qui fait qu’il nous restera longtemps en mémoire. Pourtant, j’ai ressenti un sursaut d’intérêt grandissant à la lecture des derniers chapitres, des dernières pages. Camille Laurens y narre alors à la première personne comment elle a effectué ses recherches au sujet de cette oeuvre mais surtout au sujet de Marie, et surtout comment, petit à petit, elle s’est attachée à l’histoire de cette jeune fille, de cette jeune femme dont on ne sait rien. Mêlant souvenirs personnels et quête d’archives, la dernière partie du livre m’a offert ce que – je crois – j’aurais aimé y trouver dès le début. Et ça m’a laissé comme un petit goût amer de frustration… j’en aurais voulu 200 ou 300 pages comme ça, mêlant le présent et le passé, Camille Laurens et sa petite danseuse de quatorze ans !

Néanmoins, je ne peux que vous recommander ce livre si vous aimez les essais et si vous êtes (assez) féru-e d’histoire de l’Art ; car il s’agit là d’une très belle découverte, et d’une très belle introduction à cette oeuvre si particulière !

Camille Laurens, La petite danseuse de quatorze ans, éditions Stock, 2017.

 

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