Dino Hunter, Olivier Saraja

Double invasion à gérer pour Buck, un drôle de chasseur

Amérique, de nos jours. Buck, un guide un peu particulier, est missionné pour accompagner une jeune chercheuse le long des rives du Rio Grande. Mais cette expédition ne se déroulera pas comme prévue : confronté à une rencontre des plus inattendue, Buck révèle alors sa véritable identité : il est un Dino Hunter.

Du pulp en veux-tu en voilà !

Le pulp, ça peut-être à la fois un terme négatif et positif, selon comment et d’où on le regarde. Initialement, ce terme désignait des romans ou nouvelles publiés dans des magazine au papier de piètre qualité et au prix peu élevé. De là à dire que la qualité du texte est en conformité avec celle du papier, il n’y a qu’un pas. Mais comme bien souvent, le temps et la nostalgie ont fait leur travail et on considère désormais certains auteurs de pulp comme des grands maîtres incontestés de la SFFF. Je veux pour preuve les auteurs suivants qui ont contribué à l’essor de ces productions populaires : Arthur C. Clark, Philip K. Dick, Lovecraft ou encore Ray Bradbury et Isaac Asimov. C’est d’ailleurs de ce genre étrange, décadent et violent que le film de Tarantino tire son titre : Pulp Fiction, et là, vous en comprenez tout de suite l’esprit.

C ‘est donc dans cette lignée que s’inscrit de façon assumée – comme l’ensemble du catalogue Walrus Book – le Dino Hunter d’Olivier Saraja. En effet, on y retrouve de nombreux thèmes usités dans les œuvres américaines du début du XXe siècle. De la SF et du fantastique : combo dino + extraterrestres. De la violence : bim bam boum, ça se fighte de tous les côté, si bien que tu as un peu de sang sur la joue en fin de lecture. Étrange et décadent : je vous laisse vous faire votre propre avis, c’est garanti spoiler-free ici.

Mais pas trop quand même

Pour avoir lu certains pulps dans ma vie, tous ne sont clairement pas à mettre dans le même sac. Et s’il y a de l’excellentissime, il y a aussi beaucoup de très mauvais, avec des intrigues sans queue ni tête et une batterie de clichés sexistes/racistes/lgbtophobes/etc. qui me font plus que lever les yeux au ciel. Fort heureusement, Olivier Saraja ne tombe pas dans cet écueil et nous offre un condensé de SF et de créatures préhistoriques mêlé à une intrigue politico-militaire de qualité. Dino Hunter est ainsi un pulp qui s’assume et assure ! Un excellent moment de détente pour les fans de jurassique. Si je devais émettre un petit bémol concernant ce roman (eh oui, il en faut parfois), il serait destiné à la plume de l’auteur, que j’ai trouvée un peu inégale et perfectible par endroits, mais pas de quoi fouetter un chat (ou un T-rex) ! En bref, si vous comptez comme moi aller voir être déçu-es par Jurassic World 2, je ne peux que vous recommander Dino Hunter qui vous réconciliera avec les histoires de dinosaures. 🦕🦖

Olivier Saraja, Dino Hunter, Walrus, 2018 [SP].

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