Personne ne gagne, Jack Black

Qu’est-ce qui m’a fait me pencher vers ce livre plutôt qu’un autre ? Est-ce le nom de l’auteur ? Avouez-le, « Jack Black », ça claque ! Est-ce la préface de William S. Burrough, figure de proue de la Beat Generation ? Ouais, faire partie de la clique de Kerouac, c’est pas mal. Est-ce l’originalité du récit ? Pas un roman, mais les mémoires d’un brigand qui s’est rangé, c’est vrai, c’est tentant. Ou bien est-ce l’envie de découvrir les éditions Monsieur Toussaint Louverture ? Après tout, on en entend tellement de bien partout. Eh bien, c’est très certainement un peu de tout ça. En tout cas, quelle qu’en soit la raison, je sais aujourd’hui que c’était une bonne raison !

Personne ne gagne, c’est l’histoire d’un jeune garçon, orphelin de mère et laissé de côté par son père, qui va faire le choix de la route et du banditisme. Du Far West au Canada, notre brigand va rencontrer, pendant toute sa vie, de nombreux hommes et femmes, tantôt amis, tantôt ennemis, certains honnêtes et droits, d’autres lâches et trompeurs. Des saloons aux pénitenciers en passant par les toits des trains, c’est une véritable aventure qui commence pour quiconque ouvre ce livre. À la première personne et en toute humilité, Jack Black nous offre ici un récit pragmatique et réfléchi de son propre destin. Une introspection poignante et sans langue de bois.

Ce texte, c’est un véritable bijou. Bien plus précieux et bien plus inestimable que tous ceux que Jack Black a pu dérober pendant sa carrière de voleur. Un diamant brut qui vous prend aux tripes, une bombe qui vous explose en plein ventre. La plume de l’auteur est un délice et nous embarque avec lui sur les routes. On vit au rythme du narrateur : on se fait des amis, on braque des maisons, on passe des nuits en prison, on pleure les morts, on chante l’argent. Il est des personnages qui nous marquent, comme Salt Chunk Mary, femme de confiance, femme courageuse et fière, femme aimée et aimante que notre ami baroudeur décrit si bien.

Au-delà d’un incroyable récit de vie, au-delà de mémoires irrésistibles, Personne ne gagne est un véritable plaidoyer humaniste sur les traitements réservés aux prisonniers, une bataille pour la prévention des crimes et des délits. Un texte intelligent, mesuré, juste et objectif sur un destin et une expérience pourtant si personnelle. Plus qu’un écrivain brillant et un bandit des grands chemins, Jack Black est un homme de parole et un homme de bien. Des mémoires qui ont tout d’un roman, ce fabuleux récit est une véritable peinture de la société américaine post Sécession. Un récit essentiel à lire absolument.

Jack Black, Personne ne gagne, Monsieur Toussaint Louverture, 2017 (service de presse).

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