#RLN2018 : Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, Emil Ferris

Moi, ce que j’aime, c’est les monstres : mais qu’est-ce que c’est que ce truc ?!

Oui, je sais, ce bouquin, vous l’avez déjà vu partout. Tout le monde l’encense, l’éditeur a même dû faire un deuxième tirage tant les 18.000 exemplaires du premier se sont arrachés. Bref, c’est incontestablement LE succès de cette rentrée littéraire 2018 tous genres confondus. Et c’est une p*tain de bonne nouvelle, car (j’y viens, Bill) ce livre est un OVNI, certes, mais surtout une merveille, un chef-d’œuvre, un p*tain de roman graphique qui casse les codes et les pattes à un canard. Ouais.

Un pari risqué

Pourtant, c’était pas gagné d’avance.  L’œuvre d’Emil Ferris, qui tient en deux tomes de plus de 400 pages a été pondue en 6 ans et refusée par pas moins de 48 éditeurs aux États-Unis. Mais le premier opus, publié aux states début 2018 a fait son petit bonhomme de chemin et a été saluée par des grands noms du milieu comme Alison Bechdel ou Chris Ware. Toutefois, rien ne garantissait le succès en France d’un tel pavé, d’un tel récit sortant des sentiers battus. Heureusement, ici, ce sont les très sérieuses et merveilleuses éditions Monsieur Toussaint Louverture qui se sont chargées de la traduction et de la publication de ce monstre. Et ce pour notre plus grand BONHEUR.

Un OVNI littéraire et bédéesque

Roman graphique, BD, essai illustré… on ne sait pas vraiment où classer Moi, ce que j’aime, c’est les monstres dans le paysage littéraire. Et pour cause, du haut de ses deux fois 400 et quelques pages, l’œuvre (appelons-la comme ça) se compose aussi bien de longs paragraphes de texte, de vignettes que de dessins sur double page. Parfois, même, pour lire une phrase, vous devrez ou tourner votre livre ou vous tordre le cou. Et ça, encore, c’est quand on peut lire. Certains passages sont carrément illisibles, mais c’est normal et même un peu fun. J’ai vu dans ce bouquin des trucs que je n’avais jamais vu ailleurs. C’est à la fois drôle, émouvant, surprenant, subversif et très impertinent.

Des thématiques osées

Ce qui m’a beaucoup plu dans Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, ce sont les sujets abordés par Emil Ferris. Je ne veux pas trop vous les dévoiler, pour ne pas vous gâcher une si incroyable lecture, mais l’autrice y évoque des thèmes durs, des thèmes forts et surtout des thèmes très minoritaires dans le paysage littéraire – notamment du point de vue du traitement de ces thèmes. On suit avec un immense plaisir et une curiosité non feinte les (més)aventures de la petite Karen Reyes qui porte un regard si différent et si rafraîchissant sur la vie, la mort, l’amour et, entre autres, le Chicago des années 60.

BREF

J’ai bien conscience que cette chronique est complètement décousue et ne fait sans doute pas honneur à l’immense chef d’œuvre qui l’a inspirée. Mais il n’y a pas 36.000 trucs à retenir : lisez ce livre. Je vous promets un grand moment. Emil Ferris ne vous laissera pas insensible. Vous en retirerez forcément quelque chose. En outre, un énorme succès de cet ouvrage serait bénéfique au monde de l’édition, puisqu’il permettrait aux éditeurs et éditrices d’oser plus et de nous abreuver davantage de telles pépites. Et ça, c’est tout ce que je demande.

Emil Ferris, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres (livre I), Monsieur Toussaint Louverture, trad. (absolument merveilleuse !) : Jean-Charles Khalifa, 2018.

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