#RLN2018 : L’écart, Amy Liptrot

L’écart : une plongée dans les affres de l’alcoolisme

L’écart, c’est l’histoire d’une chute, puis d’une renaissance. Le destin d’une femme ballotée entre les bas-fonds de l’Est londonien et les tréfonds de l’archipel orcadien. Il y est question d’autodestruction et de décisions salvatrices. Un témoignage rare, puissant et profond sur un sujet encore tabou.

Distorsions

Le vent souffle sur les Orcades où Amy Liptrot nous retrouve au début de son récit. Puis, celui-ci nous pousse vers l’East London. D’un côté, la solitude, la vie simple et pourtant dure des îliens soumis aux lois d’une nature sans pitié. De l’autre, les raves, les excès et le bouillonnement de la plus grande capitale européenne. L’écart, dans ce roman, c’est  » l’humble nom d’une bande côtière où les animaux sauvages et domestiques peuvent se côtoyer loin des regards, où folâtrent des elfes ivres d’embruns ». De façon moins littérale, c’est aussi le grand écart entre les deux vies de l’autrice : la mégalopole et l’archipel perdu, la solitude et la foule, le bruit et le silence, les vents violents du Nord et les courants d’air du métro, la débauche et la sobriété.

Résurrection

L’écart dépeint ici le retour à la terre natale, le retour aux sources comme point de départ d’un nouveau départ. Repartir de zéro. Amy Liptrot nous livre ici un récit personnel touchant et vibrant de sincérité. Une autofiction pour extérioriser les démons du passé, pour retracer le chemin parcouru, éclairer l’avenir. Un voyage entre l’Écosse et l’Angleterre, entre l’espoir et la désillusion, les paillettes et le dénuement. Le travail de l’autrice sur la construction narrative du récit et sur le choix des mots, des tournures et des images immerge le lecteur ou la lectrice dans une passionnante histoire personnelle au caractère finalement si universel.  Ce roman très largement autobiographique est d’une force incroyable et d’un écho rare qui résonne encore après sa lecture… Un must read de cette rentrée littéraire ?

Amy Liptrot, L’écart, Globe, 2018 (service presse).

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