Élodie Serrano et la science au service de la fiction

Rencontre avec Élodie Serrano : une autrice féministe férue de space opera

Comme chaque année, le mois de novembre s’est ouvert avec l’un des meilleurs festivals de science-fiction au monde, j’ai nommé : les Utopiales (d’ailleurs notre invitée du jour aimerait beaucoup être réinvitée, à bon entendeur…). À Nantes, donc, sous un beau soleil breton, j’ai pu rencontrer Élodie Serrano, jeune autrice de SF dont le premier roman, Les baleines célestes, vient de paraître aux éditions Plume Blanche. Notre entretien est l’occasion pour moi d’ouvrir un nouveau rendez-vous sur le blog : SFFFemmes, consacré aux écrivaines de l’imaginaire. À suivre, le portrait d’Élodie Serrano.

Si elle ne se limite pas à la science-fiction et touche à tous les genres de l’imaginaire, Élodie a tout de même une tendresse particulière pour la SF et notamment le space opera. Cet intérêt lui vient de la série Stargate et de la dimension proprement aventureuse du genre. Enfant, c’est plutôt la fantasy – « Robin Hobb est mon autrice préférée de tous les temps », concède-t-elle – qu’elle dévore et c’est peut-être l’impression d’en avoir fait le tour qui la pousse à s’intéresser plus avant à la science-fiction avec la découverte d’Asimov au lycée. Le livre qui représente ce qu’elle affectionne le plus dans le space opera, c’est le roman éponyme de Jack Vance : l’auteur y reprend les termes au pied de la lettre et invente ici un sous-genre du sous-genre, le space opera comique.

Ce bouquin m’a beaucoup marquée, notamment sur ma vision du space opera et de ce qu’est un space opera jouissif, à lire comme à écrire.

Les baleines célestes, une aventure naviguant entre humour et merveilleux

De là à dire que ce livre a inspiré son propre roman, il n’y a qu’un pas. Les baleines célestes narre l’histoire d’un « équipage de bras cassés » emmené par Alexandra Levisky qui libère par mégarde une immense et légendaire baleine céleste. Manque de pot, celle-ci, enfin libre, se dirige droit vers le cœur historique de la galaxie.

Le titre est apparu à Élodie un peu comme une vision. Il s’agissait ensuite de relier cette histoire merveilleuse de baleines célestes au côté humoristique du space opera qu’elle s’imaginait. Au fil de l’écriture, tout finit par s’imbriquer et un troisième personnage impose finalement son point de vue au récit. Il s’agit d’un naturaliste, « un spécialiste ébahi », que l’autrice considère comme son « soi scientifique » ou son « trope personnel » renouant avec sa vocation scientifique, pour elle qui est vétérinaire de formation.

Ce type de personnage, d’ailleurs, elle le retrouve dans un manuscrit qu’elle est en train d’écrire. De la gaslight fantasy dans un Londres en proie au surnaturel. Dans ses nombreux tiroirs à projets se trouve un manuscrit au format original – c’est une novella – et au sujet trop peu commun – c’est un dino pulp (et, très franchement, il n’y a jamais assez de dinosaures dans les rayons des librairies selon moi…). Bref, il semble que ça fourmille d’idées dans sa tête et dans ses dossiers : l’imaginaire francophone a encore de beaux jours devant lui et ça fait plaisir !

Les recommandations SFFFemmes d’Élodie Serrano

On le sait, on le voit, on le lit : être une autrice c’est souvent un peu plus difficile que d’être un auteur. Pour tout un tas de raisons culturelles et systémiques, les femmes sont souvent moins mises en avant, moins primées et moins lues que leurs homologues masculins et la tendance semble s’accentuer un peu plus dans les genres de l’imaginaire (30% seulement de la production SFFF sont des œuvres écrites par des autrices, d’après les chiffres avancés lors des États Généraux de l’Imaginaire qui se sont tenus aux Utopiales). Alors, pour conjurer ce sort et enrayer cette dynamique, SFFFemmes vous présente des autrices de l’imaginaire francophone et demande à chacune de ses invitées de lui parler d’autres super nanas. Et comme une image vaut mille mots, voici un petit panorama des recommandations 100% SF d’Élodie Serrano :

                                          

Enfin, notez que Les baleines célestes a récemment été nommé dans la liste des 121 pré-sélectionnés du Prix littéraire de l’imaginaire 2019 (#PLIB2019). Bravo, Élodie, merci beaucoup pour ce riche entretien et bonne route à tes bras cassés !

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