Polsk’art #3 : 188 mètre sous Berlin, Magdalena Parys

Plongez dans les soubassements de la guerre froide avec 188 mètres sous Berlin

En 1981, Klaus Kreifeld dirige la construction d’un tunnel reliant Berlin Ouest à Berlin Est. En 1998, il meurt assassiné. Peter, qui a lui aussi participé à creuser le tunnel, décide d’interroger leurs anciennes connaissances pour retrouver le meurtrier de son ami. Pour cela, il faudra reconstituer le fil d’une histoire qui se déroule 188 mètres sous Berlin. 

Un roman choral

La spécificité de ce roman tient d’abord à sa forme. Auprès de Peter, nous recueillons le témoignage d’une poignée de camarades et de connaissances ayant participé à la construction de ce tunnel long de 188 mètres sous Berlin. Nos huit personnages nous livrent un large panorama des relations entre la Pologne et l’Allemagne, entre l’Est et l’Ouest, entre le bloc soviétique et le bloc occidental. Dans ce roman, plus on creuse, plus on avance. La chronologie de la construction du tunnel permet à l’autrice polonaise de disséminer dans son texte un certain nombre d’indices, par la voix de ses protagonistes, afin de nous mener à la révélation finale. Polar politique et roman pluriel, voilà ce que nous propose de découvrir Magadalena Parys dans 188 mètres sous Berlin.

Une enquête sous fond de guerre froide

C’est un mélange somme toute classique qui nous est proposé ici, avec une intrigue policière sous fond d’évènements politiques majeurs. Si j’ai eu du mal à rentrer dans ce roman, tant certains des personnages me paraissaient peu attachants et tant leur nombre avait un aspect effrayant, j’ai fini par me laisser emporter par ce puzzle géopolitique et par la destinée de ces âmes réunies sous un projet commun. Et c’est peut-être ça, au fond, qui fait la force de ce roman si particulier. Le lecteur ou la lectrice ne s’attache pas tant aux individualités qu’au groupe qu’elles forment. On ne suit alors plus les intrigues personnelles des unes et des autres, mais l’avancée de ce tunnel, de ce destin qui les a réunies. Les gens, dans ce puzzle, ne sont que des pièces. La vérité est ailleurs. Elle les dépasse. L’histoire aussi.

Un roman intrigant, perturbant, au style si particulier qui saura certainement plaire aux accros du polar politique.

Magdalena Parys, 188 mètres sous Berlin, Agullo, trad. Margot Carlier & Caroline Raszka-Dewez, 2017.

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