#RLN2018 : Déracinée, Naomi Novik

Déracinée : de la fantasy sous fond de folklore polonais

Ce roman aurait presque pu rentrer dans la catégorie Polsk’art tant il emprunte à une sorte de Pologne médiévale fantaisiste. Finalement, je l’en ai écarté pour la simple et bonne raison que sa langue d’origine est l’anglais. Oui, ça se discute, mais c’est comme ça. Déracinée c’est la découverte d’un univers de fantasy original et enthousiasmant. Naomi Novik, c’est pour moi la rencontre d’une autrice dont l’inspiration slave me parle et me touche. Embarquez avec moi dans le bois de Dvernik…

De la magie comme vous ne l’avez jamais lue

Enfin, moi, en tout cas. Ce qui m’a transportée tout de suite dans Déracinée, c’est le rapport à la magie. Ici point de baguette magique, et si le Dragon pense que la magie se fait à base de formules consacrées savamment étudiée, il découvrira très vite que pour notre jeune héroïne Agnieszka, il n’en est rien. Sa magie à elle est différente, elle n’est pas figée, ne trouve pas vraiment d’explication. Pas innée pour autant, elle est plutôt ressentie, vécue. Ce petit grain de folie dans la pratique de la jeune fille s’avèrera en outre plus qu’utile lorsque la population devra défendre son royaume contre les avancées maléfiques du Bois.

Personnage à part entière, ce dernier connaît lui aussi une belle évolution narrative. Pendant tout le roman, l’on se demande qui ou qu’est-ce que ce Bois ? D’où vient-il ? Et pourquoi cherche-t-il à avaler la vallée ? Petit à petit, le récit nous mène vers une conclusion inattendue et poétique aux doux airs de légende orale. Déracinée est sans doute un conte initiatique, une épopée mythique plus qu’un roman.

Une jolie fable slave

Nous avons l’habitude des dragons, nous avons l’habitude des univers de fantasy bâtis sur des racines mythologiques nordiques, ou bien grecques, ou encore d’un savant mélange de tout ça. Naomi Novik utilise ici un matériau différent. Elle mixe, mélange et réinvente des légendes polonaises ou slaves et les intègres à son récit fantastique. Nous retrouvons ainsi la bien connue Baba Jaga, mais également le Dragon de Cracovie et bien d’autres éléments d’un folklore légendais parfois fameux, parfois un peu moins. Toutes ces références multiples à la culture de l’enfance de l’autrice – il s’agit des histoires que lui racontait sa mère – crée dans Déracinée un univers riche et foisonnant qu’on découvre avec plaisir. Le lecteur et la lectrice avertis pourront s’amuser à chercher les multiples allusions aux différentes fables.

Naomi Novik, Déracinée, J’ai lu, trad. Benjamin Kuntzer, 2018.

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