Floriane Soulas et la beauté d’un steampunk sale

Rendez-vous avec une étoile montante de la SFFF à la française : Floriane Soulas

Prix ActuSF de l’Uchronie 2018, en lice pour le Prix Imaginales des Lycéens 2019, vous n’êtes sûrement pas passé-e-s à côté du phénomène Rouille (Scrinéo), le premier roman steampunk remarqué de la jeune autrice Floriane Soulas.

Floriane lit depuis l’enfance, de l’Imaginaire par le biais de son père et de la littérature classique, poussée par sa mère. Dans l’écriture, c’est en SFFF qu’elle se sent la plus à l’aise, qu’elle parvient le mieux à faire passer ses messages. Dans ce genre qui a été longtemps, comme elle le dit « écrit par des hommes, publié par des hommes et lu par des hommes », Floriane Soulas parvient à se frayer un beau chemin dans le paysage francophone avec un premier roman ambitieux, remarqué par la critique aussi bien amateure que professionnelle. En outre, celle qui avait peur d’attirer avec son roman un lectorat majoritairement féminin est heureuse de voir ses appréhensions démenties lors des dédicaces : elle signe en effet autant à des hommes qu’à des femmes lors des salons.

Rouille, ton univers impitoyable

L’héroïne du Paris steampunk imaginé par Floriane Soulas s’appelle Violante – avec un A – un nom qui n’a rien d’anodin. Le prénom lui est venu tout de suite. Ce jeu sur le mot violence est pour l’autrice une méthode simple et efficace de faire comprendre au lecteur/à la lectrice l’univers dans lequel évolue son personnage. Certes, Violante est jeune et jolie, mais elle vit dans un bordel.

La jeune autrice de SF aime beaucoup la steampunk. Mais, de son propre aveu, le genre souffre encore beaucoup du trope des jeunes filles aux belles robes entrant dans une société aristocratique huppée et guindée, calquée sur les modèles sociaux de l’Europe du XIXe et XXe siècles. Ce que Floriane Soulas veut montrer dans Rouille, c’est l’envers de cette médaille. Si certains dansent toute la nuit au milieu de froufrous dans la salle de réception d’un château richement meublé, d’autres dorment, vivent et meurent dans les caniveaux. Et c’est ce que le prénom de son héroïne devait exprimer d’entrée de jeu.

Je ne voulais pas que le steampunk soit simplement un décor dans le récit. Je voulais qu’il fasse corps avec lui.

Ainsi, toute une partie l’intrigue repose sur des éléments steampunk. À contre-pied de ce qui se fait beaucoup dans le genre, l’autrice a donc décidé de nous plonger dans les bas-fonds de la Belle Époque , un Paris sale, un environnement « crade », de son propre aveu. Rouille se présente comme un roman ambitieux hors des sentiers battus et qui aime tordre le cou aux codes et aux clichés.

Les recommandations SFFFemmes de Floriane Soulas

« Y en a plein » s’exclame-t-elle avant d’entamer un tour d’horizon des autrices SFFF francophones qu’elle a lues récemment. On y trouve d’abord Estelle Faye, dont elle admire le travail et loue l’écriture visuelle. En adulte comme en jeunesse, elle vous conseille ses œuvres, toutes ses œuvres.

Dans sa liste, viennent ensuite Nathalie Dau et Chloé Chevalier, toutes deux publiées aux Moutons électriques. La première a écrit une grande fresque de fantasy, aux personnages complexes et intéressants. La seconde est à l’origine d’une série « pleine de nanas » suivant deux jeunes princesses et leurs suivantes.

Dans un tout autre registre, pour finir, Floriane vous recommande Morgane Caussarieu qui crée des univers très personnels, assez trash et gore, souvent à base de vampires que vous pouvez lire chez ActuSF ou encore Le Serpent à plumes.


Merci beaucoup Floriane, d’avoir répondu à mes petites questions. Bravo pour cette première publication auréolée de succès, je te souhaite plein de bonnes choses pour la suite !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *